vendredi 18 mai 2012

Comment un vieux sac de vivres peut changer des vies, protéger la forêt et les gorilles?

Dans le Nord Kivu la contribution du PAM ne se limite pas à nourrir les personnes les plus vulnérables. Grâce au recyclage, le PAM participe également à la conservation de l’environnement et à l’amélioration des conditions de vie des communautés.
par Djaounsede Pardon
Kibumba, Est de la RDC : Immaculée Buleze enfonce un mélange de débris de bois et de papier dans un tube qu’elle place sous une presse. La mixture arrosée d’eau s’épaissit. Une fois bien pressé, le cylindre est retiré de la machine, et il en sort plusieurs briquettes qui seront mises à sécher pendant trois jours. «Ces briquettes sont un combustible, substitut au charbon de bois. On les utilise dans les foyers améliorés», explique Immaculée.
Parmi les matériaux utilisés, des sacs de vivres du PAM, en épais papier beige, collectés par l’ONG, Africa Conservation Fund (ACF) sur deux sites de distribution de rations alimentaires.
Cette initiative a été lancée en 2008 par l’Institut congolais pour la conservation de la Nature (ICCN) pour lutter contre la déforestation dans le parc national des Virunga. Ce parc, classé «patrimoine mondial» par l’UNESCO, abrite de nombreuses espèces animales dont les rares gorilles des montagnes. Il est pourtant menacé par la coupe sauvage de bois, transformé en charbon, appelé localement le Makala et destiné essentiellement à la cuisson des aliments.
Les villageois, pour l’essentiel des femmes qui étaient auparavant impliquées dans la fabrication du Makala se regroupent par quatre, chaque groupe recevant une presse.
En juin 2010, le PAM a signé un accord avec ACF pour que l’association puisse récupérer les sacs de vivres, une fois vidés, dans les sites de distributions autour du parc des Virunga. Les sacs sont aussi utilisés tels quel, une fois le logo enlevé, pour transporter les briquettes. «La contribution du PAM est un exemple formidable de ce que l’on peut faire pour à la fois réduire la déforestation et améliorer les moyens de subsistance des communautés», explique Balemba Balagizi, le chargé du programme de production des briquettes.
Pour Immaculée Buleze, le projet a été un profond changement. «Avant, j’allais dans la forêt chercher le bois et fabriquer le Makala, ce qui posait un risque pour ma sécurité. Il fallait que je le fasse pour nourrir mes enfants et payer les frais de scolarité. Maintenant, je peux assurer mes besoins de base avec l’argent de la vente des briquettes,» raconte-t-elle.

1 commentaire:

  1. Retenons qu'une partie des briquettes est revendue sur le marché de Goma, le reste est distribué gratuitement aux cantines scolaires soutenues par le PAM dans les écoles primaires autour du parc des Virunga.
    Depuis le début de ce projet, l’Institut congolais pour la conservation de la Nature estime que les prélèvements effectués dans le parc pour la production de Makala ont diminué de 10%. Avec de meilleurs revenus et n’étant plus obligées de passer de longs moments en forêts, les mamans auraient aussi plus de temps à consacrer à la préparation des repas pour leur famille, améliorant l’état nutritionnel des enfants.

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