mercredi 14 mars 2012
Des Mercedes Benz 207 sèment une pagaille à Kinshasa. « Rouler belles carrosse sur une voirie détériorée ou celle modernisée ? Où a-t-on l’assurance
jeudi 16 février 2012
Le rejet des filles mères pousse à l'avortement et à l'infanticide
L'irresponsabilité des auteurs de grossesse et la dureté de certains parents poussent des jeunes femmes à l'avortement clandestin voire à l'infanticide. La loi congolaise considère ces actes comme des crimes, mais dans les faits elle ne s'applique pas faute de moyens pour identifier leurs auteurs. Reportage à Goma.
"Une femme est venue ici avec des contractions. Nous l'avons assistée après son accouchement d'un bébé prématuré, mais elle a disparu dans la nature et nous ne l'avons jamais revue", raconte Daniel Chamungu, infirmier au centre de santé Konde à Goma, la capitale du Nord-Kivu. "Je tente de sauver cette enfant avec les moyens du bord, car ici nous n'avons pas de couveuse. En attendant qu'elle soit admise à l'hôpital, j'utilise des couvertures pour lui donner un peu de chaleur.", poursuit-il. Depuis ce témoignage, la petite fille a été transférée dans un grand hôpital de la place où elle est suivie par des médecins.
De plus en plus fréquents, les abandons d'enfants ternissent l'image du pays, de même que les avortements clandestins et les infanticides, considérés comme des crimes en RDC. Selon l'article 16 de la Constitution, "La personne humaine est sacrée. L'État a l'obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l'intégrité physique ainsi qu'au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l'ordre public, du droit d'autrui et de bonnes mœurs..."
Responsabilité partagée
Cependant la responsabilité de ces actes est partagée. La pauvreté pousse certaines filles, comme Ange, à la prostitution et les expose à des grossesses non désirées. "On n'a pas le choix, confie-t-elle. J'étais à bout du souffle. Mes parents n'étaient plus en mesure de payer mes études et d'assumer certains de mes besoins. Alors, je me suis mise à courir après les hommes et comme résultat, je suis tombée enceinte." "Cette grossesse n'a pas été bien accueillie par mes parents qui m'ont expulsée. Aujourd'hui, je me débrouille comme une femme seule", poursuit-elle.
Certains parents refusent, en effet, de prendre en charge leur fille avec leur enfant, prenant prétexte de la conjoncture économique. Gratien se montre très dur à l'égard des filles enceintes. "Souvent, elles ne mesurent pas la pauvreté que nous inflige notre gouvernement. Lorsqu'elles ramassent leur grossesse, elles doivent être conscientes des conséquences. Cette fille n'a pas sa place chez moi. Et je dois tout de suite la chasser, car cela m'apporterait trop de charges entre son entretien, sa grossesse et son enfant. Pour ça, je dis non !"
D'autres parents se montrent plus compatissants et condamnent un tel rejet. C'est le cas de Michel M., un père d'une cinquantaine d'années : "Au contraire, si ma fille tombait enceinte, je devrais m'interroger sur ma part de responsabilité dans tout cela. Nous ne devons pas chasser de nos maisons nos filles enceintes sous peine de gâcher leur vie. Si cela arrive, nous devons lui donner une chance de réorienter sa vie et aussi entourer l'enfant d'affection." Des propos qu'approuvent certaines filles mères : "Ce n'est pas un secret : est voleur celui qui se fait attraper. Nous qui avons eu cette mauvaise chance, nous sommes stigmatisées, mal aimées et rejetées. Certaines n'acceptent pas la honte et cherchent donc par tous les moyens à se débarrasser de ce fardeau afin de garder une place dans la société. Pour échapper à la stigmatisation dont nous souffrons que l'État autorise l'avortement !"
Recrudescence et impuissance
Les avortements clandestins se multiplient à Goma, où depuis plusieurs mois des fœtus ont été retrouvés dans des emballages en plastique sur la décharge publique. On en a dénombré 23 en l'espace de six mois. "Faute d'un recensement, nous sommes dans l'impossibilité de retrouver les auteurs de ces meurtres, regrette Festine Kabuo, chef du quartier Mapendo-Nord en commune de Goma, et on ne sait pas distinguer les jeunes filles délinquantes assimilées aux femmes libres."
Depuis décembre dernier, 11 fœtus ont été ramassés dans des caniveaux, et trois bébés étranglés retrouvés dans des poubelles publiques de certains quartiers de Goma : "Trop c'est trop ! lance un pasteur en herbe. Ils ont aussi droit à la vie. Notre constitution est claire : celles qui avortent sont assimilées à des meurtrières. Je demande à tout le monde de revenir à la raison, car 23 cas d'infanticide dans une ville cela me donne la chair de poule." Un avis que partage Joseph Makundi, coordonnateur de la protection civile en ville de Goma.
Malgré ces cris d'alarme, de nouveaux avortements clandestins continuent à être pratiqués et des fœtus découverts ici ou là. Des filles viennent aussi de Bukavu pour avorter clandestinement avec la complicité de collègues de Goma. Le 20 janvier, une jeune Bukavienne, qui venait d'avorter à quatre mois de grossesse, a failli se faire lapider par des habitants du quartier Rutoboko, à Goma. Elle n'a dû son salut qu'à l'intervention de la police.
Alain Wandimoyi/ Syfia Grands-Lacs
mardi 24 janvier 2012
Portrait : Bernadette Bora sort de la rue grâce à la menuiserie
Aujourd'hui solide menuisière professionnelle, Bernadette Bora, 21 ans, fait vivre sa famille après dix ans d'errance dans les rues où elle a vécu le pire. Un modèle de réintégration pour tous les enfants en rupture familiale.
"En une année de dur labeur, j'ai eu une boutique et deux vélos que je mets en location et qui me rapportent quotidiennement de l'argent pour la ration de ma famille que je prends désormais en charge", explique Bernadette Bora, 21 ans, fière de sa réussite. Car elle revient de loin.
Auparavant, pendant une dizaine d'années, elle a vécu dans la rue après que son père l'ait abandonnée. Aujourd'hui, cette jeune femme, à l'allure sportive et aux biceps développés, est menuisière : "Après une année de formation, je travaille dans des chantiers, puisque je déteste les caprices des clients pour de petits contrats de meubles dans des ateliers. Je trouve des contrats rapportant plus au moins 10 $ par jour, ce qui me permet de subvenir à mes besoins vitaux ainsi que pour ma mère et mes frères."
Son dynamisme étonne ceux qui la rencontrent en action : "Une fille dans un chantier avec des hommes ! Elle m'a étonnée et fait la fierté des femmes. Lorsqu'une société de communication installait une de ses antennes dans mon quartier, j'ai découvert le courage de cette fille rejetée par son père", confirme une ménagère du quartier Himbi, à l'ouest de Goma. Bora, elle, encourage à présent les jeunes en difficultés à faire comme elle : "Je dis à tous ceux qui ont traversé ou ceux qui traversent encore la même situation, que chaque chose a son temps. Malgré les difficultés, ne perdons pas espoir. Qu'ils persévèrent et se recherchent autrement, car il existe plusieurs atouts qu'on peut exploiter."
Bernadette Bora en pleine action dans un chantierCrédit photo Odette
"Une grande colère me suffoquait"
Elle-même peut leur raconter ce qu'elle a vécu pour le prouver. "Mon père nous a abandonnés, mes frères et moi, en 1994, lors d'un conflit tribal. Étant donné que ma mère est de l'ethnie Hutu et lui un Hunde, il est parti épouser une autre femme de sa tribu. Depuis lors, poursuit-elle, la vie est devenue un calvaire pour moi. Je suis allée dans la rue comme un papillon. Je suis allée en Ouganda sans succès. Je suis rentrée à Goma. J'ai circulé dans plusieurs quartiers, là aussi sans succès."
Pour panser ses blessures internes, elle se passionne pour le sport : "Quand ces soucis me revenaient à l'esprit, une grande colère me suffoquait. Pour la chasser, je me soulageais dans le karaté et le football." Avant d'être inscrite dans le centre New hope center appuyé par le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) dans son programme YEP (Youth Education Pack), elle a tout fait pour survivre. "Bora est une fille que nous avons récupérée dans la rue. Elle était exploitée dans les bars comme serveuse ou comme prostituée", affirme sous anonymat un encadreur. "Nous avons vécu des moments très durs de désespoir. Nous vivions comme des animaux, sans mesurer les risques", regrette Bora.
"Je suis arrivée au bout de ma souffrance"
A plusieurs reprises, elle a failli quitter le centre : "Lorsque je me souvenais des causes qui avaient fait que notre père nous rejette, tout de suite je voulais quitter le centre. Mais, grâce aux conseils du directeur, je revenais sur ma décision. Aujourd'hui, je vis grâce à mon travail." Peu instruite lors de son arrivée au New hope center -"Mon père nous avait abandonnés lorsque j'avais une dizaine d'années. Je ne savais alors ni lire ni écrire", raconte-t-elle - elle a, grâce aux conseils des éducateurs du centre, suivi un an de programme d'alphabétisation. En même temps, elle a fait l'apprentissage de son futur métier : "Elle a choisi la menuiserie. En 2010, elle a terminé sa formation. Aujourd'hui elle gagne sa vie normalement", indique Albert Sewa, formateur au centre.
Bernadette vit avec sa mère et ses frères, mais elle a l'ambition d’aller plus loin dans son métier : "Je suis arrivée au bout de ma souffrance. Je suis maintenant sollicitée dans les chantiers à Butembo, mais je préfère aller Uvira où on me demande aussi."
Alain Wandimoyi
lundi 2 janvier 2012
Le Service de la protection civile de Goma à l'Est de la RDC, dur labeur pour sauver des vies humaines lors des incendies
Je me demande si c'est la passion ou le professionnalisme ou un risques? Le saper pompier de la protection civile de goma travaillent sans aucune protection pour leur vie, pas de casques, gilet, gants, bottes, même un salaire pour ce grand travail!Le Service de Protection Civile de la ville de Goma n'a pas d'équipement approprié pour faire face aux problèmes lors de ses interventions contre les incendies. Au regard de l'ampleur du problème et aux cas récurrents et vu le nombre du personnel (une dizaine seulement) et le problème d'urbanisation de la ville, il est difficile de garantir des interventions adéquates en cas d'alerte... Si le monde pouvez tourner son regard à Goma voir comment ses enfants se battent bec et ongle pour maitriser le feu lors des incendies, il y a de quoi penser à voler au secours de ses volontaires de la protection civile en leur dotant des moyens appropriés pour des interventions professionnelles. En effet, la ville de Goma est butée au nombreux défis (environnementaux, urbanistique et des catastrophes tant naturelles qu'e artificielle). Clôturer l'année 2011, Picha na mazungumuzo présente ces remerciements à ses 17 470 visiteurs en présentant l'un des problèmes qui guettent la ville de Goma dans ses problèmes de catastrophes auxquelles font face, malgré les moyens de bord en sa possession.
Des route son bouché par des construction anarchique ce qui donne une tâche difficile au saper pompier de la protection civile à gomaTenez la ville de Goma, d'une démographie si importante en termes de croissance, belle ville touristique sort petit à petit des décombres de la lave de l'éruption du volcan Nyiragongo avec des constructions faramineuses, mais aussi modestes est souvent victime des incendies. Il ne se passe pas une nuit sans enregistrer des cas d'incendies. En espace d'une année, Goma vient d'enregistrer plus de 114 cas d'incendies dont les causes sont essentiellement la négligence et imprudence des ménages dans la gestion du feu des foyers et braseros. De plus les raccordements défectueux d'électricité, des raccordements frauduleux et l'usage abusif des produits inflammables ne sont pas moins risquant et exposent à des incendies.
L'équipement de la protection civile de goma une œuvre d'un enfant de la province du nord Kivu que Picha na Mazungumuzo félicite
Pas facile la vie d'un sapeur pompier pour la protection de la population de Goma victime des incendies.
lundi 26 décembre 2011
Le 25 décembre est arrivé, fêtons Noël en attendant 2012.
Je vous souhaite à tous de belles et joyeuses fêtes dans la sérénité, la paix, la joie. Je vous souhaite à tous une heureuse année 2012, que vous souhaits les plus chers se réalisent et que toutes vos familles se portent bien.
Photo droit tiersPaix et amour en ce beau jour de Noël. Chaque moment passé avec les êtres chers est indispensable à notre épanouissement et à notre bonheur. La fête de Noël est une belle occasion pour Picha na Mazungumuzo de vous manifester tout notre attachement et souhaiter que se réalisent tous vos désirs pour la nouvelle année 2012.
samedi 17 décembre 2011
Erratum Bavure, bavure, pardons oblige surtout aux journalistes ! Une erreur s'est glissée sur notre publication du 15 novembre 2011.
jeudi 8 décembre 2011
Engouement et vigilance des électeurs
Certains candidats à la présidentielle en RD Congo demandent déjà l'annulation du scrutin arguant de fraudes massives, alors même que les résultats ne sont pas encore annoncés. De fait, les observateurs tant nationaux qu'internationaux ont noté de nombreuses irrégularités mais ont surtout relevé la grande pagaille qui a présidé à cette journée électorale.
Cependant ce qui a frappé les journalistes de Syfia Grands Lacs présents dans les bureaux de vote des provinces et de la capitale, est aussi l'engouement massif des électeurs à venir voter et la grande vigilance des témoins et observateurs plus attentifs qu'en 2006.
Partout l'affluence a été très grande dans les centres de vote pour ces élections présidentielles et législatives pourtant attendues avec inquiétude. Mais souvent tous les électeurs présents n'ont pas pu mettre leurs bulletins dans l'urne. Soit le nombre de bulletins était insuffisant pour tous les inscrits, soit la durée d'ouverture des bureaux trop courte pour que tout le monde ait le temps de passer, soit, un peu partout, les listes électorales étaient incomplètes et tout le monde n'y retrouvait pas son nom. Et puis, les épais bulletins de vote pour les législatives ont causé bien du souci aux électeurs surtout âgés ou peu instruits à qui il fallait beaucoup de temps et de l'aide pour repérer leur candidat. Des mécontentements lorsque l'attente était trop longue ont parfois émaillé cette journée d'élections.
La plupart des Congolais, y compris ceux du Burundi, attendaient, en effet, avec impatience ces scrutins car beaucoup tenaient à tout prix à désavouer les élus de 2006 qui les avaient déçus et à choisir clairement leurs représentants, espérant qu'ils prendront à cœur leurs problèmes. C'est ainsi qu'à Kisangani, la population a, selon les résultats provisoires affichés dans les bureaux de vote, massivement voté pour le "candidat des pauvres", le transporteur à vélo proche de leurs préoccupations.
Dans de nombreux bureaux de vote, la vigilance était aussi de mise pour éviter les fraudes. Les témoins délégués par les partis politiques étaient ainsi très nombreux, trop nombreux au goût de certains présidents de centres de vote. Beaucoup ont fait leur travail consciencieusement en dépit des longues heures qu'ils ont du passer dans les centres. Ils sont restés jusqu'à la fin du dépouillement traquant la moindre irrégularité même quand l'obscurité rendait difficile la lecture des bulletins de vote.

A Kinshasa, des jeunes se sont aussi organisé pour surveiller les opérations de vote. La crainte de fraudes était tellement forte parfois que certains, pourtant innocents, en ont fait les frais comme ce chef de centre de Goma.
Après cette journée d'élections qui s'est déroulée dans le calme, et sans incident majeur dans la majorité des provinces, excepté à Lubumbashi et à Kananga, les Congolais attendent maintenant avec appréhension les résultats et surtout les réactions des perdants. Feront-ils preuve d'autant de sagesse et de conviction que leurs électeurs ?
Marie-Agnès Leplaideur